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2008 CAN-AM Renegade 500 H.O. Essai

Nous avons l’exploration dans le sang. À peu près tous les nord-américains ont en eux une part d’aventurier, puisque presque tous nos ancêtres sont venus sur ce continent soit par errance ou parce qu’il ont été mis dehors de tous les pays décents d’Europe. Quoi qu’il en soit, descendre d’un bateau sur une terre qui semble aussi étrangère que la face cachée de la Lune, cela oblige à découvrir de nouveaux territoires et à débuter une nouvelle vie. Les montagnes immenses, les grandes rivières impétueuses, les denses forêts étaient là bien avant l’Homme et, qu’on le veuille ou non, chacun doit devenir un explorateur pour se forger une nouvelle vie dans les bois ou la prairie.

Nous adorons encore aujourd’hui partir en exploration, et quoi de mieux que le VTT pour ce faire. Il n’y a pas si longtemps, cela se faisait plutôt lentement sur un utilitaire, mais lorsqu’on rencontrait des séries de bosses où un quad sportif serait plus approprié, les limites de l’utilitaire devenaient évidentes. Mais plus maintenant. Durant les derniers mois, nous avons eu la chance de conduire un quad qui est à l’aise autant sur les pistes rapides, les longues sections bosselées, les champs de pierres, bref tous les genres de terrains. Il s’agit du 2008 CAN-AM Renegade 500 H.O., qui est en passe de devenir notre compagnon préféré.

Le grand frère

Le 2008 CAN-AM Renegade 500 H.O. Essai repose sur la plateforme révolutionnaire du Can-Am Renegade 800 introduite l’an dernier.   Destiné à occuper le créneau entre le sportif haute performance et l´utilitaire tout-usage, le 800 visait les conducteurs de longue date et pouvait sans doute intimider les pilotes moins expérimentés. C’est normal ; le 800 respire la performance et ne convient pas à tout le monde. Malheureusement cela laissait les autres amateurs sur la touche. Pour combler leur besoin, Can-Am a donc lancé une version 500 cc du Renegade, un ensemble tout de même très performant, et le Renegade 500 H.O. EFI est conçu pour déployer toute la puissance de son grand frère, mais avec plus d’indulgence. C’est son style qui attire d’abord l’attention. Le Renegade 500 ne passe pas inaperçu. Qu’il soit encore dans la camionnette ou déjà en piste, les gens viennent l’observer et les collègues sur d’autres marques veulent le défier en course, comme si sa simple présence représentait une provocation. Peut-être est-ce en raison de sa carrosserie combinant le style macho, l’arrogance et l’allure sexy, mais les concepteurs montréalais ont vraiment frappé juste et méritent nos félicitations. Un design de classe mondiale par une équipe de classe mondiale !

Mais ce qui compte vraiment, c’est ce qu’il y a sous la carrosserie, et le châssis du Renegade est très semblable à celui du Outlander – que Can-Am nomme le CLE (cadre à longeron enveloppant). Essentiellement, au lieu d’un châssis traditionnel fait de tubes périmétriques comme sur la plupart des autres quads, le CLE de Can-Am est fait d’un seul longeron costaud courant dans le centre du véhicule. Il contribue au centrage des masses et à ce design net exclusif aux VTT Can-Am. Ses suspensions affichent un plus grand débattement que celles du Outlander, ses amortisseurs avant HPG permettant 216 mm tandis qu’à l’arrière le système de bras oscillant, très simple mais robuste, joue sur 228 mm. Nous apprécions particulièrement les belles roues en aluminium qui ressemblent un peu à celles d’une camionnette du Baja. Des pneus ITP Holeshot les chaussent, prêts à mordre sur tous les terrains, même les plus glissants, avec l’aide de la traction aux quatre roues à la simple commande d’un bouton. Remarquons que les VTT de Can-Am sont un peu plus gros que la plupart des autres. Quand on monte sur le Renegade pour la première fois, on s’habitue vite à son ergonomie. Les personnes de grande taille ne s’y sentent pas à l’étroit comme sur certaines autres marques, et tout tombe bien à sa place. Héritage du côté utilitaire de la famille, le Renegade est pourvu de marchepieds pleine grandeur, intégrant aussi des chevilles surélevées confortables sur lesquelles on appuie solidement. La masse totale du Renegade 500 est officiellement de 280 kg, soit moins que le Outlander, mais il semble encore moins lourd en sentier.

Un bon point est sa clé de contact codée sans laquelle le véhicule ne peut démarrer. On dort mieux ! Mais on se passerait bien de la courbure de son guidon. Elle est plutôt inhabituelle puisque son point de rotation semble centré sur la colonne de direction au lieu de derrière celle-ci comme sur les autres VTT, ce qui fait qu’on a l’étrange impression à la fois de pousser et tirer le guidon. Toutefois, nous ferons éventuellement comme les coureurs sportifs : nous changerons de guidon. Qu’on s’y tienne debout ou assis, le Renagade 500 reste toujours confortable. Tout comme le Renegade 800,le 500 n’a pas de porte-bagages, juste un petit plateau pour cargo et quatre points d’attache derrière la selle où nous avons arrimé notre sac à caméra. Juste sous le feu arrière se trouve un coquet coffre de rangement qui, bien que pas très grand, peut accueillir des outils, des attaches élastiques et quelques bouteilles d’eau.

On roule

Voilà enfin venu le moment des essais, le moment béni d’enfiler son casque, appuyer sur le démarreur et partir à l’aventure. Dès l’abord, certains aspects du Renegade 500 nous ont beaucoup plu. D’abord le son, ce ronronnement profond qui inspire le respect et qui rappelle un « chopper ». Mais contrairement aux choppers, ce moteur tourne avec beaucoup de douceur, presque sans vibration au guidon ni aux repose-pieds, peu importe les régimes. Excellent ! Ensuite, on remarque une petite note sur le cadran numérique qui dit « Hi ! » pour souhaiter la bienvenue. Le Renegade 500 est vraiment poli, à en rendre jaloux les conducteurs des autres marques. Cet accueil n’influence pas ses performances, mais il est remplacé au bout d’un instant par les informations importantes telles que la vitesse, le compte-tours, le compteur journalier, les rapports, l’indicateur 4RM et même certains diagnostics.

Le Renegade 500 est doté d’un très bon système d’injection de carburant. Il répond promptement par des accélérations sans hésitation, à partir du ralenti jusqu’aux régimes élevés, démarrant sans faille sous toutes les températures. L’embrayage joue un grand rôle pour les réactions de l’accélérateur, et il semble ici parfaitement adapté à la puissance du moteur, tant en montant les rapports qu’en les redescendant. Dans le fond, ce n’est pas étonnant de la part d’un fabricant de motoneiges qui a des décennies d’expérience dans les embrayages à courroie variable. C’est sans contredit l’utilitaire de 500 cc aux accélérations les plus rapides, avec une vitesse de pointe d’environ 66 mi/h. Mais sa vitesse maximale n’est pas vraiment importante car en sentier les réactions de l’accélérateur, le comportement solide et la maniabilité comptent davantage. Le Renegade 500 H.O. tourne vraiment bien, mais nous voulions aussi tout savoir de sa maniabilité.

Les suspensions du 2008 CAN-AM Renegade 500 H.O. semblent capables d’encaisser n’importe quoi, elles sont bien équilibrées de l’avant à l’arrière et ne talonnent jamais. Sur les chemins forestiers rapides, il se comporte presque comme un sportif. Dans les portions délicates, il se dirige avec précision, sans tangage ni talonnage comme d’autres utilitaires. On ne sent les limites de ses suspensions qu’en exigeant beaucoup sur les séries de bosses. Serpenter dans un sentier n’est pas un problème, mais sur un terrain très difficile l’amortissement semble un peu long, ce qui complique un peu la tâche. On a même amené le Renegade 500 sur des dunes de sable et, bien qu’il puisse grimper toutes les collines, on constate ici les limites de ses pneus. Le Renegade refuse de patiner sur le sable. Ses pneus ITP sont si agressifs qu’ils ne démordent jamais. Nous pensons que cette tendance à s’accrocher plutôt qu’à glisser est due au design de son train arrière. Les moyeux arrière sont situés loin à l’extérieur des jantes, ce qui concentre les forces de glissement vers le bord externe des pneus arrière, contrairement aux autres quads qui répartissent la charge sur toute la surface de contact. Ce n’est pas vraiment un défaut, mais cela empêche effectivement de glisser sur le sable ; on remarquera ce point seulement en essayant de glisser sur un terrain qui présente trop de mordant. En passant, si vous allez rouler sur les dunes avec le 2008 CAN-AM Renegade 500 H.O, rendez-vous service et installez tout de suite une fixation à drapeau de qualité. Celle de série est clairement pensée après-coup et a plié dès le début de la promenade. Ce n’est pas bien grave, mais nous préférons tout vous dire. Toutefois, vous ne serez vraiment pas déçu par les performances de ce VTT. Nos pilotes d’essai – qui connaissent aussi les motoneiges – ont eu ces commentaires : « Conduire le Renegade 500 en comparaison avec avec un utilitaire ordinaire, c’est comme piloter une motoneige moderne comparée à un modèle d’il y a dix ans. Avec une ancienne motoneige, on cherchait à éviter les bosses. Avec le Renegade 500, on affronte les obstacles avec entrain pour voir jusqu’où on peut aller. »

L’entretien régulier est très important pour nous. Les vidanges d’huile fréquentes et le nettoyage du filtre à air favoriseront la longue vie d’un quad, et plus ces tâches sont simples, plus les gens seront portés à ne pas les négliger. Heureusement, le Renegade 500 comporte une tige de jauge d’huile d’accès facile, sa batterie se loge juste sous la selle, son filtre à air reste bien protégé sous le châssis, et son accès et son nettoyage se font sans peine. De fait, en raison de sa conception soigneusement enchâssée, le filtre reste propre sous n’importe quelle condition extrême. Il suffit de ne pas être trop paresseux et de ne pas le négliger. Nous avons même testé ce système sous des conditions plus extrêmes que la plupart des conducteurs ne vivront jamais – et que les gens de Can-Am n’approuveront sans doute pas – il a goûté à l’eau profonde. En fait, ce qui nous semblait une traversée peu profonde s’est révélé beaucoup plus creux et, lorsque l’eau est arrivée au niveau de la selle, on a dû sauter ! Seul le guidon surnageait et lorsqu’on l’a tiré de l’eau on s’attendait à ce que le filtre soit tout détrempé. Mais de façon surprenante, il était toujours aussi sec et propre qu’à l’état neuf, en parfaite condition, grâce à la très bonne conception de la boîte à air. Félicitations aux ingénieurs !

Le nouvel explorateur

Le Can-Am Renegade 500 H.O. n’est pas uniquement un utilitaire ni un sportif, mais il rassemble les meilleurs traits de chacun. Il peut filer sur les pistes et franchir les obstacles comme un sportif, mais aussi grimper et rouler lentement comme utilitaire. Il est ainsi parfait pour les journées d’exploration de nouvelles régions où l’on est susceptible de rencontrer toutes sortes de conditions. Voilà le quad réunissant tous les talents pour relever tous les défis. Le 2008 CAN-AM Renegade 500 H.O. peut faire un peu n’importe quoi et c’est l’un de nos favoris depuis son avènement

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Alain Assadhttps://www.quadnet.ca
Journaliste Sport Motorisé Hors Route

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