Nouvelle marque citoyenne de la FQCQ

Depuis quelque temps, nous observons une plus grande ouverture de la FQCQ à communiquer avec le public par le biais du président Alain Decoste. M. Decoste ne refuse pas de faire face à la musique et de défendre les décisions de son organisation dans les médias. Les gens du milieu du quad nous disent percevoir un changement depuis l’arrivée de M. Decoste à la présidence.

Désirant connaître l’homme derrière ce vent de changement ainsi que sa vision d’avenir, nous avons sollicité une entrevue avec lui qu’il a gentiment acceptée. Voici donc l’entrevue en question :

SM : « M. Decoste, merci tout d’abord d’avoir accepté de nous rencontrer pour nous parler de la Fédération et des projets porteurs pour l’avenir.»

AD : « Vous êtes le bienvenu et je vous dirais qu’il me fait grand plaisir de parler de la Fédération qui réunit tous les quadistes. »

SM : « Avant de parler de l’organisation et de toute la machine, on aimerait en savoir davantage sur l’homme qu’est Alain Decoste. »

AD : « Je suis un nouveau retraité qui travaillait comme monteur de ligne pour la ville de Saguenay. Durant ces années, j’ai aussi œuvré dans l’exécutif du syndicat pendant plusieurs années. J’ai d’ailleurs quitté en janvier dernier quand la convention collective a été signée et acceptée à 98%. J’aime compléter les projets qui me tiennent à cœur avant de tourner la page. Côté VHR, je me suis initié en étant bénévole pour un club de motoneige de ma région. »

SM : « Vraiment? Un club de motoneige?»

AD : « Bien sûr! Les gens des motoneiges sont aussi dédiés à leur cause que ceux des quads, soyez-en certain. Par la suite, j’ai commencé à m’intéresser aux VTT et je suis entré comme bénévole dans le club quad de ma région en travaillant sur la signalisation et l’entretien des sentiers. De fil en aiguille, j’ai gravi les échelons pour aboutir au conseil d’administration il y a six ans. J’y ai occupé les postes d’administrateur, de vice-président puis de président à partir de l’an passé »

SM : « Vous vous engagez pas mal dans le milieu…»

AD : « J’ai toujours pensé que la meilleure manière d’améliorer les choses était de s’impliquer pour le faire. C’est d’ailleurs l’état d’esprit de l’équipe d’administrateurs qui travaillent avec moi au conseil d’administration »

SM : « Depuis votre nomination de président, quels sont vos constats et vos objectifs de changement que vous souhaitez réaliser? »

AD : « Tout d’abord, je veux souligner que ce n’est pas Alain Decoste, mais tout le CA qui est solidaire dans les démarches que nous mettons de l’avant. La fédération a opéré un grand changement dans sa gouvernance il y a déjà 6 ans. Nous avons rééquilibré le rôle stratégique et le rôle opérationnel entre le conseil d’administration et la permanence du bureau et nous finalisons l’implantation des structures de gouvernance telle la reconnaissance officielle des associations régionales des clubs dans nos statuts. Disons que ça a piétiné un peu, mais on arrive au but. »

SM : « Est-ce que le CA a des projets à présenter bientôt? »

AD : « Ce n’est pas les idées qui manquent, mais on ne peut pas tout réaliser en même temps. On a des projets qui sont dans le four, d’autres qui viennent de sortir, comme par exemple l’entente de passage dans les ZECS. »

SM : « Ah oui, cette entente-là en a surpris plus d’un, personne ne l’attendait »

AD : « Effectivement, c’est un des volets que la fédération a livrés ces dernières années pour améliorer l’expérience quad, mais qui sont oublié par les gens parce que ça les concerne moins. »

SM : « Pouvez-vous donner quelques exemples? »

AD : « Alors, tout d’abord, on peut penser à iQuad qui est devenu une application très efficace de cartographie qui fonctionne avec un simple téléphone intelligent. Même sans réseau cellulaire, la navigation reste fonctionnelle. Il y a aussi la route Quad qui est déployée avec la collaboration des ATR qui offre des tracés de bonne qualité sur lesquels les voyageurs trouveront sans problèmes ravitaillement, restauration et hébergement. L’objectif est de relier les routes quads avec des liens interrégionaux qui sont entretenus par la Fédération. Par exemple, il y a le sentier Monk qui relie Bellechasse à Pohénégamook, le sentier de la réserve Rouge-Matawin sans oublier le sentier qui traversera la réserve des Laurentides. Cette section-là a pris 10 ans de négociations et de construction avant d’être utilisable. »

SM : « Ce sont de belles réalisations, mais on en entend pas trop parler… Pensez-vous que les communications de la FQCQ pourraient être améliorées? »

AD : « Les communications de masse ont grandement changé dans la dernière décennie. Les réseaux sociaux obligent d’être sur la coche pour faire parler de nous positivement. Sinon, en laissant l’espace médiatique à d’autres, on subit parfois la désinformation et il est très difficile de rectifier les faits. On est conscient que la FQCQ n’a pas un plan de communication au goût du jour et on étudie comment rectifier les choses en deux volets : la révision du plan global de communication et par le lancement de la marque citoyenne Quebequad »

SM : « On reviendra à Quebequad, pouvez-vous nous en dire plus sur la refonte du plan de communication? »

AD : « Il faut juste s’accorder avec les nouvelles technologies de l’information électronique et c’est clair qu’on n’est pas performant à ce niveau. En plus de la page Facebook que j’ai promise, il y a déjà quelque temps, nous allons voir comment revamper le site avec les informations que les gens recherchent vraiment. Le site actuel a été revampé esthétiquement, mais c’est toujours la même structure d’informations depuis une décennie. Il faut aussi être proactif dans la diffusion de notre information et idéalement, on devrait être les premiers à la diffuser. Alors il y a lieu de repenser globalement notre manière de faire afin d’utiliser nos ressources pour être optimal. »

SM : « Les gens qui travaillent dans l’information comme nous espèrent une ouverture dans la transparence depuis longtemps. Est-ce que c’est pour bientôt ? »

AD : « Ça ne peut pas trop tarder, car les communications efficaces sont essentielles pour toute la mise en marche de l’implantation de la marque citoyenne. On ne peut pas pousser sur une partie du projet en négligeant l’autre. Ça serait comme monter la structure de la maison sur une fondation sans capacité portante. »

SM : « Donc, c’est imminent? »

AD : « Aussi vite que possible en respectant les capacités de la machine administrative en place. Mais je peux vous dire que le conseil d’administration a déjà donné le mandat à des firmes externes réputées pour se donner les meilleures chances de réussite »

SM : « Lors de l’assemblée générale de la fédération, vous allez lancer devant vos membres la marque citoyenne Quebequad. Pourquoi une marque citoyenne? »

AD : « Quand on regarde la situation de l’acceptabilité du quad, on est un peu dans la situation des mototourismes au début des années 80 : pour la population en général, les comportements des quelques délinquants étaient les mêmes pour tous les motocyclistes. Une autre réalité est que les liens lient davantage les bénévoles à leur club qu’à l’intérêt supérieur du sport. Pour ces gens, l’intérêt supérieur est la FQCQ, ce qui n’est pas le cas. Cet isolement des 117 clubs entrave le rayonnement de l’activité dans la collectivité. Il est temps que nous brisions le mur. »

SM : « En quoi la marque citoyenne peut changer les choses? Quebequad n’est qu’un autre nom pour la FQCQ. »

AD : « La FQCQ n’est pas Quebequad, elle en est une partie au même titre que les 17 associations régionales des clubs quad, des 119 clubs et des 57 000 membres qui roulent dans les sentiers. Quebequad représente le côté intangible qui représente le plaisir de rouler, de découvrir des paysages incroyables, de fraterniser ensemble après une journée de randonnée. C’est aussi l’acceptabilité sociale du quad, par la reconnaissance publique du sérieux du comportement des quadistes à cause des bonnes relations avec la collectivité. C’est aussi la meilleure cohésion entre les clubs qui développeront, on l’espère, un sentiment d’appartenance à un groupe plus grand.

Le monde du quad est encore affligé du syndrome du garde-robe. C’est comme une culture générale du monde du quad d’être gêné d’exprimer ce qu’on est devenu collectivement. On reste encore collé sur l’idée qu’on est des « mangeux de sandwichs ». Pourtant, nous sommes reconnus par tous les intervenants des autres juridictions comme étant les leaders mondiaux de promotion du quad. Le réseau québécois est le plus étendu et le mieux géré au monde. En 2015, selon une étude centrée actualisée de Zins Beauchesnes, l’activité du quad a généré $1,3 milliard en retombée économique au Québec. Cela représente plus de 12 000 emplois, $108 millions en taxes fédérales et $168 millions en taxes provinciales. Le travail des bénévoles représente une valeur de 20 millions de dollars. C’est évident qu’on apporte de l’eau au moulin au milieu rural et municipal. Nous ne sommes pas qu’une source de problèmes. En fait, quelques-uns d’entre nous sont une source de problèmes. »

SM : « Que voulez-vous dire par « étude centrée » ? »

AD : « Cela veut dire que les revenus considérés sont ceux qui sont faits lors d’un déplacement où il y a eu une nuitée. Les randonnées du dimanche après-midi ne sont pas comptabilisées. C’est un travail colossal que 119 clubs et environ 3 500 bénévoles supportent sur leurs épaules. Pour en revenir à la Quebequad, l’objectif est d’avoir une marque forte et rassembleuse à laquelle tous les bénévoles et quadistes pourront s’identifier avec fierté. Une marque forte avec une bonne réputation de bon citoyen attirera aussi de nouveaux adeptes qui emmèneront de l’eau au moulin. Les gens aiment s’associer à une marque forte.

La marque citoyenne a aussi pour but de mieux faire accepter le quad par la population en général. Il faut que l’information qui parvient à la population soit positive. De cette façon, le travail des clubs sera davantage apprécié sur le territoire. Et, lorsque le quad sera perçu positivement par la population, on espère que les blocages en règle de la population qui appréhendent des problèmes qui ne sont pas toujours réels, cesseront »

SM : « Gros programme de pitch de vente à faire en perspective! »

AD : « On en est conscient, et c’est pour ça qu’on prend les moyens pour mettre en place une stratégie de communication qui répondra à la commande! »

SM : « Avec ces changements que vous implantez, où vous voyez-vous dans cinq ans? »

ctualitéctualité ActualitéAD : « Notre vision est de réunir tous les gens sous une marque forte qui contribuera à la reconnaissance du quad par toute la société comme étant une activité responsable et respectueuse de l’environnement. Nous voulons que les 3 500 bénévoles se regroupent grâce à Quebequad et parlent d’une voix pour la promotion de l’activité. Nous croyons que Quebequad peut devenir une marque assez forte pour identifier un mode de vie comme Harley Davidson. Ne riez pas! Les premiers artisans d’Harley Davidson n’avaient aucune idée en 1900 de ce qu’allait devenir la marque. On se donne le droit d’y rêver. Et, si on pouvait susciter ne serait-ce que 20% de cet engouement ou du style de vie Country comme on voit à St-Tite, on pourrait se retrouver avec 100 000 membres. La Fédération n’est qu’un acteur, la collectivité Quebequad est la pérennité du quad au Québec. »

SM : « On ne peut qu’admirer votre vision pour le quad. C’est audacieux, mais on aimerait bien que ça fonctionne »

AD : « Vous êtes le bienvenu. Eh oui, ça fonctionnera si les gens se donnent le droit d’y rêver. »