Éditorial

31 décembre 2015

Conversion d'un trois roues Honda XR 650R

Photo: Mathieu Langevin-Paquet

Envoyer à un ami

fermer

* champs obligatoires

Né le 25 décembre 1981, Mathieu Langevin-Paquet est vraiment passionné de loisirs tout-terrains. En premier lieu, il est passionné de photographie, mais maintenant aussi de restauration d’un trois roues sport et d’une moto (conversions tout-terrain/ATC All Terrain Conversions) et il y excelle, comme vous pouvez le voir ici. Il a grandi à Saint-Félicien, dans la belle région du Lac-Saint-Jean. Il dit qu'il a eu une enfance de rêve, dans une belle maison de ville entourée de forêt et de magnifiques sentiers. Il n’était pas un fan de l'école ou de sport, souffrant de problèmes non diagnostiqués de TDAH (trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité). En 1999, pour aider à passer le temps, il a acheté son premier trois roues, un Honda ATC350X 1985. Il est demeuré un grand fan de ce type de véhicule depuis, mais n'a pas toujours le temps de s’y consacrer.
Le fait d’avoir une roue à l'avant pour diriger et deux à l'arrière pour la propulsion réduit le coût du dispositif de conduite. Le véhicule semble léger et précis à orienter, mais il diminue grandement la stabilité latérale, encore davantage dans les virages en freinant. C'est simplement un trait, pas un défaut. Ces véhicules, comme beaucoup d'autres, tels que les motoneiges, les motomarines, les motocross, etc., demandent la maîtrise d'une technique très spécifique pour les contrôler correctement. Dans le cas d'un VTT à trois roues, comme sur une motoneige, le coureur va se pencher dans les virages pour éviter de basculer. En fait, la bonne technique implique un peu plus d'efforts que cela et le postérieur du coureur doit se déplacer vers l'intérieur du virage et sur le côté du siège, tandis que le pied à l'extérieur du virage laisse la cheville gauche pendre dans l'air, naturellement. À mon avis, les trois roues ne méritaient jamais une telle mauvaise réputation. À ce jour, ils obtiennent toujours des critiques injustifiées de plusieurs gens. Il semble que beaucoup de gens pensent que ces véhicules sont plus faciles à monter que des motos de motocross parce qu'ils ne penchent pas, un peu de la même manière que les  roues d’entraînement arrière procurent une sécurité au débutant. Rien ne pouvait être plus éloigné de la vérité. L’excès de confiance dans la machine a causé sa perte. Il est nécessaire d'apprendre la bonne technique pour chaque véhicule. Je me souviens de ma première fois sur un Jet Ski, vous savez ces motomarines où vous vous levez debout et orientez le guidon dans le sens inverse que vous le feriez sur une moto. Man! Tu parles d'un piège! Il m’a fallu du temps pour juste être capable de me tenir debout, mais avec quelques conseils d'un pro, j'ai succombé au plaisir sans délai. Il en va de même pour les trois roues : si vous avez un bon entraîneur, vous pouvez apprendre à rouler bien en une journée et puis le monter en toute sécurité pour toute une vie.

Malheureusement, de nombreux conducteurs, habitués à conduire seulement des VTT à quatre roues, n'utilisent pas la technique du déplacement du postérieur assez ou pas du tout. Ce n'est pas une chose que vous devez faire seulement en situation extrême… Lorsque vous tournez un peu, vous vous déplacez vers le côté un peu. Idéalement, cette manœuvre se fait juste avant le virage. À mon avis, un conducteur qui sait comment bien conduire un trois roues sera un coureur plus sécuritaire sur quatre roues. Les trois roues et leur manque de stabilité vous forcent à effectuer des transferts de poids rapides et généreux. Les quads ne nécessitent les transferts de poids que seulement un peu plus tard et donc, si on l’enseigne mal aux débutants, ils peuvent prendre l’habitude de rester sur le siège et pencher seulement le haut du corps. Le point principal que je suis en train de faire passer ici est que si vous avez l'intention de passer de quatre à trois roues, il vaut mieux être prêt à accepter le fait que vous êtes un débutant total à nouveau et qu'il faut prendre les choses très progressivement.

Dans le cas de Mathieu, le fait de fabriquer son ATC a marqué le début d'une nouvelle vie. Il pouvait enfin tirer pleinement parti de la forêt et s’échapper après les longs jours ennuyeux d'école. Il devenait fou dans les fosses de sable et lors des longues randonnées avec ou sans amis; l'important pour lui était d'être simplement sur son ATC. Il a essayé de s’inscrire au collège, mais l’école ne l’intéressait toujours pas tant que ça. Les années ont passé, et il a abandonné son trois roues et sa région calme et est déménagé à la grande ville pour poursuivre sa passion première : la photographie. À l'époque, c'était des moments difficiles pour les artistes. Il décida de quitter la ville vers l'ouest du Canada pour voir un peu de pays et si possible faire fortune. Ainsi, il a travaillé dans la construction, avec un gros salaire, une grosse assurance, mais très loin de ses objectifs de vie. Il a passé cinq ans dans l'Ouest canadien, assez de temps pour obtenir quelques visites gratuites chez le dentiste et il est revenu à la ville une fois de plus. En 2006, il s’est inscrit à un cours de photographie et réalisé que c'était sa véritable vocation. Ensuite, il a exploré le monde de la mode comme mannequin pour diverses agences, est apparu dans des spectacles, sur des photos, dans des films publicitaires, des vidéoclips et a joué comme extra dans quelques films. Il a également travaillé comme assistant d'un célèbre photographe, pour constater ce qui se passait dans le milieu de la photo. C'était un monde loin de son calme et petit Lac-Saint-Jean. Un monde rempli d'alcool, de drogue et d’horaire de fou. En bref, un monde dans lequel il n’était pas confortable du tout. Il a remis en question son choix de vie jusqu'au point où il s’est trouvé un autre emploi, stable cette fois-ci, dans une usine de fabrication d’échangeurs d’air. Ce travail était loin d'être de la photographie, mais a apporté du pain sur la table. Chanceux d’avoir un employeur compréhensif, il pouvait parfois manquer des jours de travail pour des shootings ou des tournages. Il a fait cela pendant 6 ans, perdant sa motivation mois après mois.

En 2013, il était épuisé. Il ne supportait plus la vie en ville, et la vie qu'il avait dans la région du Lac-Saint-Jean lui manquait. Ainsi, il y est retourné et a réussi à trouver un emploi dans la région, mais aussi y a rencontré une jeune femme qui est devenue son épouse et la mère de son fils. Ils se sont établis dans la ville de Saint-Félicien et sa femme l'a aidé à trouver de petits boulots pour poursuivre sa carrière en tant que photographe. Ainsi, il a utilisé ses connaissances et sa capacité à installer son propre studio de photographie à domicile (Mathieu Langevin photographie). Son retour au Lac-Saint-Jean signifiait aussi un retour à ses anciennes amours, sur un trois roues bien sûr! Ne voulant pas un modèle trois roues classique, cette fois-ci, il décide de créer sa propre vision de ce qu'un ATC cool et rapide devrait être. Son véhicule de rêve a rapidement pris forme : une moto XR650R 2002, modifiée en l’ATC le plus beau et le plus rapide que nous avons jamais vu! Beau travail Mat!

Voici les étapes de cette transformation incroyable :
Étape 1 : Achat d’une XR650R 2002 chez Saguenay Marine à Jonquière.

Étape 2 : Achat d'une roue avant Honda ATC 350x sur eBay.

Étape 3 : Usinage d'une nouvelle tige pour la roue du 350x à être boulonnée sur l’amortisseur du XR650R. Une fois que les roues sont couplées aux amortisseurs, vous obtenez les mesures appropriées pour continuer à l'étape suivante, qui est de faire usiner les brides supérieures.

Étape 4 : Usinage de brides en aluminium, 1,9 cm (0,75 po) d'épaisseur, coupées par laser pour une belle finition (pour obtenir le bon angle dans les brides, il a fabriqué un modèle en bois).

Étape 5 : Fixation des montures pour un guidon de marque Outlaw à ces nouvelles attaches d’allure géniale.

Étape 6 : Achat d'un bras oscillant de Honda TRX450R 2004 (également offert sur eBay).

Il suggère fortement de garder le haut du bras oscillant de la moto, qui est la partie de soutien principal de la suspension. Il a coupé le bras oscillant du XR650R pour souder l'autre extrémité au bras oscillant du TRX450R.

Mathieu a terminé son projet en ajoutant des essieux, des freins, des pneus Maxxis RAZR 2 avec jantes DWT et deux moyeux de marque Tusk. Les moyeux Tusk jouent à la fois les rôles de moyeux et d’espaceurs.

Un autre petit truc pour réduire le coût de la conversion a été de vendre des pièces de la XR650R qui n'étaient pas nécessaires, comme des roues, freins, amortisseurs, etc.

Mathieu, le passionné, était de nouveau sur trois roues et en plein bonheur! Il a ensuite créé une page Facebook pour partager ce bonheur avec d'autres passionnés de trois roues comme lui.

Conformément à ses deux passions actuelles, il envisage tout d'abord de construire une autre bête sport à trois roues, cette fois avec une KTM de 690 cm3 pour sa femme et il veut restaurer un mini ATC pour son fils. Actuellement, il travaille sur un projet de calendrier avec les trois roues et de jolies filles de la région du Lac-Saint-Jean.

Pour ceux qui voudraient avoir plus d'informations sur ses conversions, nous vous invitons à trouver Mathieu sur sa page Facebook : ATC (3 roues) modifiés.

Nous avons été tellement impressionnés par la bonne attitude, le talent et l’ambition de ce jeune homme que nous lui avons offert un poste de collaborateur au magazine Quadnet-Le Monde du VTT, pour être nos oreilles et nos yeux, loin dans l'est de cette grande province. Il a accepté avec plaisir et nous espérons, par son intermédiaire, connaître davantage cette région où les VTT font partie de la vie de presque tous ses habitants, et ce, au quotidien.